Incendies 2026 : que revoir au RDV avec vos clients IARD ?
Mis à jour le 29 octobre 2026
En résumé
- Les incendies de l'été 2026 en Gironde, dans les Landes et dans le Var ont produit environ 22 500 sinistres pour un coût qui pourrait atteindre 563 M€ (France Assureurs, bilan relayé par l'AFP le 16 octobre 2026). En 2022, les feux de forêt avaient coûté environ 80 M€ pour 2 000 sinistres.
- Plus de 1 800 sinistres de perte d'exploitation, pour près de 30 M€, concernent pour la plupart des entreprises sans dommage matériel direct (France Assureurs, premier bilan, août 2026).
- L'ACPR, dans son communiqué du 14 septembre 2026, souligne « l'importance de l'information des assurés sur les garanties souscrites », à la souscription, pendant la vie du contrat et au sinistre.
- La recommandation ACPR 2024-R-03, en application depuis le 31 décembre 2025, étend le conseil dans la durée à la non-vie : vérifier que le contrat couvre toujours les besoins.
- Pour le courtier IARD, le rendez-vous de renouvellement de cet automne est le moment où ce conseil se donne. Il doit aussi se prouver.
Un incendie de forêt ne relève pas, dans la plupart des cas, du régime des catastrophes naturelles : l'ACPR rappelle que la plupart des incendies de l'été 2026 sont d'origine humaine et « ne relèvent pas de la garantie catastrophe naturelle ». Ce sont donc les garanties incendie, perte d'exploitation, frais de relogement et extensions des contrats habitation, multirisque professionnelle et agricole qui jouent. Autrement dit : ce que le courtier a placé, et ce qu'il a expliqué.
Que disent les chiffres de l'été 2026 ?
Le premier bilan de France Assureurs, établi sur les données remontées jusqu'à la mi-août, comptait environ 25 000 sinistres pour près de 500 M€. La mise à jour publiée mi-octobre fait état d'environ 22 500 sinistres et d'un coût pouvant atteindre 563 M€. Moins de dossiers, mais un coût plus élevé : les expertises ont affiné les montants.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Sinistres déclarés (mise à jour) | environ 22 500 | France Assureurs via AFP, 16 octobre 2026 |
| Coût estimé (mise à jour) | jusqu'à 563 M€ | France Assureurs via AFP, 16 octobre 2026 |
| Sinistres de biens privés (premier bilan) | environ 21 000 | France Assureurs, août 2026 |
| Professionnels, agriculteurs et collectivités (premier bilan) | près de 3 000 | France Assureurs, août 2026 |
| Pertes d'exploitation (premier bilan) | plus de 1 800 dossiers, près de 30 M€ | France Assureurs, août 2026 |
| Sinistres habitation clos à mi-octobre | 56 % | France Assureurs via AFP, 16 octobre 2026 |
| Feux de forêt de l'été 2022, pour comparaison | environ 2 000 sinistres, environ 80 M€ | France Assureurs |
Deux chiffres intéressent directement le courtier qui conseille des professionnels. D'abord les 3 000 sinistres de professionnels, artisans, commerçants, agriculteurs et collectivités. Ensuite les 1 800 pertes d'exploitation, dont France Assureurs précise qu'elles touchent pour la plupart des entreprises sans dommage matériel direct : routes coupées, zones évacuées, clientèle touristique partie.
Pourquoi l'ACPR parle-t-elle d'information des assurés ?
Le communiqué de l'ACPR du 14 septembre 2026 ne vise pas les intermédiaires nommément. Il décrit un suivi rapproché des principaux assureurs concernés et pose plusieurs constats qui touchent le métier de courtier :
- l'information des assurés sur les garanties souscrites, à la souscription, en cours de contrat et au moment du sinistre ;
- l'application des seuils et conditions de prise en charge, en particulier pour les pertes d'exploitation, que l'ACPR dit surveiller ;
- le périmètre des garanties choisies : la majorité des massifs forestiers touchés n'était pas assurée, et l'ACPR s'interroge sur ce point ;
- les tarifs : selon l'ACPR, « l'augmentation des tarifs ne peut constituer la seule réponse du secteur ».
Lu depuis un cabinet de courtage, ce communiqué annonce les questions des prochains mois. Un client qui découvre au sinistre qu'une franchise, un seuil ou une exclusion s'applique se tournera vers celui qui lui a présenté le contrat. Et un client dont la prime augmente au renouvellement posera la question de l'adéquation.
Qu'est-ce que la recommandation 2024-R-03 change pour un contrat IARD ?
La recommandation 2024-R-03 du 21 novembre 2024 porte sur le recueil des informations relatives au client dans le cadre du devoir de conseil. Selon le communiqué de l'ACPR, elle est entrée en application le 31 décembre 2025 et s'étend à l'ensemble des produits d'assurance. Pour la non-vie, l'ACPR précise que le conseil dans la durée sert à vérifier que le produit couvre toujours les besoins de l'assuré, et que le distributeur doit échanger avec le client pour prévenir le cumul involontaire d'assurances couvrant un même risque.
C'est le prolongement de l'obligation posée par la directive sur la distribution d'assurances (DDA) et transposée dans le code des assurances : préciser les exigences et les besoins du client et justifier le contrat proposé. Ce qui change, c'est le temps : le conseil ne s'arrête plus à la signature. Le renouvellement annuel devient un point de contrôle naturel, et un sinistre d'ampleur comme ceux de l'été est un événement qui justifie de reprendre le dossier.
Pour le détail des contrôles sur ce point, voir notre article sur le devoir de conseil dans la durée et les contrôles ACPR.
Que revoir au rendez-vous de renouvellement ?
Les incendies de 2026 donnent une grille de lecture concrète. Six points méritent d'être repris avec chaque client exposé, particulier ou professionnel.
- Les capitaux assurés. Le montant déclaré pour le bâtiment, le contenu, le matériel et les stocks correspond-il encore à la réalité ? Une sous-évaluation peut entraîner une réduction de l'indemnité selon les conditions du contrat.
- La perte d'exploitation. Est-elle souscrite ? Est-elle conditionnée à un dommage matériel garanti dans les locaux de l'assuré ? Couvre-t-elle l'impossibilité d'accès, la carence d'un fournisseur ou d'un client ? Quelle est la période d'indemnisation, et la franchise en jours ? Ce sont exactement les seuils et conditions que l'ACPR dit surveiller.
- Les frais annexes. Frais de relogement, de déblaiement, de démolition, honoraires d'expert : quels plafonds, quelles durées ? France Assureurs indique qu'environ 30 000 personnes évacuées ont bénéficié d'une prise en charge de leur hébergement temporaire.
- Les biens non couverts. Bois et forêts, récoltes sur pied, dépendances, clôtures, matériel stocké à l'extérieur : le constat de l'ACPR sur les massifs non assurés vaut aussi pour les petits propriétaires forestiers et les exploitants agricoles.
- Les obligations de prévention. Le débroussaillement autour des constructions en zone exposée est une obligation légale dans de nombreuses communes, et certains contrats en tirent des conséquences. Ce point doit être dit au client et noté.
- La hausse de prime. Si l'assureur augmente le tarif ou modifie les franchises à l'échéance, le client doit comprendre pourquoi et quelles alternatives existent. Une hausse acceptée sans explication est un futur motif de réclamation.
Qu'est-ce qui doit figurer dans le compte-rendu du rendez-vous ?
Le conseil se donne à l'oral, autour de la table ou en visio. Il se prouve à l'écrit. Après un événement comme celui de l'été, la note de rendez-vous doit permettre de répondre, un an plus tard, à trois questions : qu'a-t-on expliqué, qu'a dit le client, qu'a-t-il décidé ?
| Rubrique de la note | Exemple de contenu |
|---|---|
| Situation déclarée | Activité, localisation, exposition au risque feu de forêt, évolution depuis la dernière échéance |
| Garanties revues | Capitaux, perte d'exploitation, frais annexes, exclusions lues avec le client |
| Écarts identifiés | Biens non couverts, plafond insuffisant, perte d'exploitation conditionnée à un dommage matériel |
| Proposition faite | Extension, hausse de capitaux, autre assureur, avec le coût annoncé |
| Décision du client | Accepte, refuse ou reporte, avec ses mots |
| Suites | Pièces à fournir, devis à envoyer, date de relance |
La ligne la plus importante est souvent celle du refus. Un professionnel qui décline l'extension perte d'exploitation pour des raisons de budget a le droit de le faire. Le courtier, lui, doit pouvoir montrer qu'il l'a proposée et que le client a compris ce qu'il refusait. Pour la construction d'une fiche conseil complète, voir le recueil des besoins et la fiche conseil DDA.
Combien de temps cela prend-il, et comment ne pas y passer la soirée ?
Un portefeuille IARD de professionnels compte souvent plusieurs centaines d'échéances par an. Revoir six points avec chaque client exposé, puis rédiger une note structurée, ajoute du temps à chaque rendez-vous. C'est là que la plupart des cabinets décrochent : le conseil est donné, mais la note n'est jamais écrite, ou elle tient en deux lignes.
onKall enregistre le rendez-vous, avec l'accord du client recueilli au préalable, et rédige le compte-rendu structuré : situation déclarée, garanties revues, écarts, proposition, décision du client, suites. L'enregistrement et la transcription se font sur votre ordinateur, sans envoyer l'audio dans le cloud. Vous relisez, corrigez si besoin, et versez la note au dossier le jour même. Le conseil reste le vôtre ; onKall en garde la trace.
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Sur le même sujet : tracer son devoir de conseil à chaque rendez-vous et enregistrer un rendez-vous client dans le respect du RGPD.
Ce qu'il faut retenir
- Les incendies de l'été 2026 ont coûté jusqu'à 563 M€ pour environ 22 500 sinistres, sept fois le coût des feux de forêt de 2022.
- Plus de 1 800 pertes d'exploitation, la plupart sans dommage matériel direct : c'est la garantie à relire en priorité chez les clients professionnels.
- L'ACPR insiste sur l'information des assurés et surveille les seuils et conditions de prise en charge.
- La recommandation 2024-R-03 fait du renouvellement un moment de conseil, y compris en non-vie.
- Le conseil donné à l'oral n'existe pour un contrôleur ou un juge que s'il est écrit, daté et signé du choix du client.
Sources
- ACPR, « Incendies de l'été 2026 : l'ACPR suit attentivement la gestion des risques par les organismes d'assurance », 14 septembre 2026 : https://acpr.banque-france.fr/fr/communiques-de-presse/incendies-de-lete-2026-lacpr-suit-attentivement-la-gestion-des-risques-par-les-organismes-dassurance
- France Assureurs, premier bilan des incendies en Gironde, dans les Landes et dans le Var (environ 25 000 sinistres, près de 500 M€) : https://www.franceassureurs.fr/press-en/press-releases/wildfires-gironde-landes-var-25000claims-losses-estimated-nearly-500million/
- AFP, « Le coût des incendies en France cet été évalué à 563 millions d'euros, selon France Assureurs », 16 octobre 2026 : https://bourse.fortuneo.fr/actualites/le-cout-des-incendies-en-france-cet-ete-evalue-a-563-millions-d-euros-selon-france-assureurs-8625072
- ACPR, « Devoir de conseil en assurance : l'ACPR recommande de nouvelles bonnes pratiques » (recommandation 2024-R-03) : https://acpr.banque-france.fr/fr/communiques-de-presse/devoir-de-conseil-en-assurance-lacpr-recommande-de-nouvelles-bonnes-pratiques
Questions fréquentes
Les incendies de forêt de l'été 2026 relèvent-ils de la garantie catastrophe naturelle ?
Dans la plupart des cas, non. L'ACPR indique dans son communiqué du 14 septembre 2026 que la plupart des incendies de l'été sont d'origine humaine et ne relèvent pas de la garantie catastrophe naturelle. Ce sont les garanties incendie, perte d'exploitation et frais annexes des contrats habitation, multirisque professionnelle et agricole qui s'appliquent.
Combien ont coûté les incendies de l'été 2026 aux assureurs ?
Selon la mise à jour de France Assureurs relayée par l'AFP le 16 octobre 2026, environ 22 500 sinistres pour un coût pouvant atteindre 563 millions d'euros. Le premier bilan d'août faisait état d'environ 25 000 sinistres pour près de 500 millions d'euros. Les feux de forêt de 2022 avaient coûté environ 80 millions d'euros.
Pourquoi la perte d'exploitation pose-t-elle problème après ces incendies ?
France Assureurs recense plus de 1 800 sinistres de perte d'exploitation pour près de 30 millions d'euros, la plupart sans dommage matériel direct : accès coupés, zones évacuées, clientèle partie. Or de nombreux contrats conditionnent cette garantie à un dommage matériel garanti. L'ACPR dit surveiller l'application de ces seuils et conditions.
Le courtier IARD doit-il revoir les contrats de ses clients chaque année ?
La recommandation ACPR 2024-R-03, en application depuis le 31 décembre 2025, étend le conseil dans la durée à l'ensemble des produits d'assurance. En non-vie, il s'agit de vérifier que le contrat couvre toujours les besoins de l'assuré et de prévenir les cumuls d'assurances. Le renouvellement annuel est le moment naturel pour le faire.
Que doit contenir la note du rendez-vous de renouvellement ?
La situation déclarée par le client, les garanties revues, les écarts identifiés, la proposition faite avec son coût, la décision du client avec ses mots et les suites à donner. Le refus d'une extension proposée doit être noté : c'est la preuve que le conseil a été donné.